Assemblée Générale : redémarrage et nouvelles règles de production

23 juin : Assemblée Générale des 30 ans du CIFOG placée sous le signe du redémarage et des nouvelles règles de production 

 

Mont-de-Marsan, le 20 juin 2017

A quelques jours de son Assemblée Générale qui marquera les 30 ans du CIFOG, l’Interprofession du Foie Gras sera reçue par M. Jacques MEZARD, Ministre de l’Agriculture mercredi 21 juin après midi pour faire le point sur la situation de la filière après 2 ans de crise aviaire. 

Deux sujets majeurs feront l’objet de cet échange :

  • Les indemnisations qui ne sont toujours pas versées aux accouveurs et aux éleveurs alors que certains n’ont plus de revenus depuis le mois de décembre dernier et attendent encore le solde des indemnités de l’année précédente. A ce titre, les élus du CIFOG demanderont au ministre un allongement de la période prise en charge par les indemnités après la date 29 mai 2017, pour certains éleveurs et gaveurs qui ne peuvent actuellement pas reprendre leur activité par manque d’animaux disponibles. De même, le dispositif d’accompagnement des entreprises de transformation les plus fragilisées par le premier épisode doit être mis en œuvre dans les meilleurs délais, certaines étant à nouveau impactées cette année    
  • La définition claire et précise des règles de production dans le cadre du Pacte de lutte contre l’influenza aviaire afin de permettre à la filière de ce prémunir au mieux de ce type de crise. A ce titre le CIFOG qui représente tous les maillons de la filière et tous les modes de production depuis 30 ans a réalisé depuis le mois de janvier un important travail de réflexion et de concertation avec les professionnels, les scientifiques et les pouvoirs publics afin de proposer des solutions pour les élevages et le transport tenant compte de tous les types d’élevage, filière courte ou filière longue.

Tous les professionnels de la filière Foie Gras attendent donc des décisions et des annonces concrètes du ministre sur ces deux sujets et feront un point complet sur ce dossier dans le cadre de leur Assemblée Générale qui se tiendra le 23 juin prochain à Mont-de-Marsan.

 

Des règles de production exigeantes et tenant compte de tous les modèles de production pour sécuriser le risque sanitaire

Le CIFOG a mené un important travail de concertation avec tous les maillons de la filière et  de consultation d’experts scientifiques et vétérinaires pour proposer dès le 19 janvier dernier aux Pouvoirs publics un plan de sécurisation du risque sanitaire tenant compte de tous les modes d’élevages. Ce travail collectif entre officiellement dans les missions premières de l’Interprofession, dont l’objet est d’animer les échanges au sein de la profession pour faire émerger les meilleures orientations pour l’ensemble de ses adhérents.

Le plan d’actions issu de ce travail collectif a servi, en grande partie, de base à la création du Pacte de lutte contre l’influenza aviaire associant Etat, profession, banques et collectivités territoriales.

L’application de ce pacte doit désormais se traduire rapidement par un renforcement de la réglementation sur la conduite des élevages et sur le transport des animaux. Au vu des éléments scientifiques, il ressort des échanges interprofessionnels des points fondamentaux à mettre en œuvre, quel que soit le mode d’élevage et le circuit de commercialisation :

  • Etre en capacité de détecter, d’alerter et d’agir rapidement en cas de nouveau foyer,
  • Appliquer des règles de biosécurité et renforcer leur applicabilité dans le temps que ce soit au niveau des matériels, des véhicules ou des personnes, y compris les intervenants extérieurs aux exploitations,
  • Protéger les animaux ainsi que l’alimentation en période à risque en se dotant de moyens pour les abriter afin d’éviter les contacts avec l’avifaune,
  • Sécuriser le transport des animaux.

Ces points fondementaux doivent s’appliquer à tous les intervenants de la filière tout en les adaptant en fonction de la taille des exploitations ou des modes de production. Ces règles ne remettent absolument pas en question l’élevage en plein air qui fait partie de l’ADN des pratiques d’élevage de tous les acteurs de la filière sans exception. Le CIFOG souhaite à la fois que soit préservée la diversité des modes de production qui fait la richesse du secteur du Foie Gras, mais également qu’un travail collectif et de concertation permette de protéger l’ensemble des intervenants de la filière.

 

Des retards et des incertitudes dans les indemnisations qui doivent être règlées dans les plus brefs délais compte tenu de l’impact économique majeur

Au total, les pertes financières liées à l’épizootie de H5N8 en 2016/2017 dépasseront les 350 millions d’euros (vs 270 millions d’euros pour l’épizotie H5N1 de 2015/2016). Si le cadre des indemnisations est d’ores et déjà établi pour une grande partie de la filière, les versements se font encore attendre.

Une attente aujourd’hui insoutenable, en particulier pour les exploitations à l’arrêt depuis décembre, pour les entreprises d’accouvage ainsi que pour les entreprises de transformation, pour lesquelles les mesures d’accompagnement suite au précédent épisode de 2015/2016 ne sont pas mises en place.

Par ailleurs, comme le CIFOG l’a indiqué aux pouvoirs publics lors des précédents comités de suivi, les avances de 50 % pour compenser les pertes liées au H5N8 ne prennent pas en compte les conséquences du vide sanitaire après le 29 mai 2017 que subissent les éleveurs et les gaveurs par manque d’animaux disponibles. Ainsi certains professionnels n’ont toujours pas repris le travail et ne pourront certainement pas le reprendre avant la fin du mois d’aout. Cette situation représente des pertes financières supplémentaires sur près de 3 mois. Le CIFOG demande aux pouvoirs publics de couvrir financièrement cette nouvelle perte de revenus dans le cadre de son plan d’avance de 50%.

 

Une AG du CIFOG marquée par 30 ans de travail collectif interprofessionel et un nouveau départ pour la filière afin d’assurer son avenir

Le vendredi 23 juin prochain, le CIFOG, comité interprofessionnel reconnu par les pouvoirs publics depuis 1987 et regroupant toutes les familles professionnelles de la filière, tiendra son assemblée générale annuelle à Mont de Marsan.

L’occasion de faire le point sur :

  • La gestion de la sortie de crise Influenza aviaire,
  • Un bilan de 30 ans de travail interprofessionnel du CIFOG, socle permettant de définir les orientations futures de la filière afin d’en assurer l’avenir dans les meilleures conditions pour l’ensemble de ses acteurs, depuis les éleveurs jusqu’aux transformateurs.

Pour se faire, l’Assemblée Générale accueillera plusieurs experts scientifiques ainsi que les responsables de l’Administration Nationale en charge du dossier, afin de pouvoir dresser un état des lieux de la situation et se projeter vers l’avenir de l’activité :

  • Situation internationale et avis d’experts avec Nicolas Eterradossi de l’ANSES et Pr Jean-Pierre VAILLANCOURT (faculté de médecine vétérinaire – Université de Montréal)
  • Pacte de lutte contre l’influenza aviaire et de relance de la filière Palmipède par Patrick DEHAUMONT, directeur général de l’Alimentation - DGAL
  • Avancement des indemnisations par Hervé DURAND, directeur général de la Performance Economique et Environnemenale - DGPE