Communiqué de presse : "VIRUS H5N8 : le CIFOG prend acte de l’extension de la zone d’abattage préventif dans les Landes et espère que cela permettra un redémarrage de la production au plus vite."

 

Paris, le 22 février 2017

 

Les professionnels de la filière Foie Gras réunis au sein du CIFOG prennent acte de la décision du Ministre de l’Agriculture d’étendre la zone d’abattage préventif des canards dans les Landes afin de stopper le virus H5N8 qui a déjà décimé plus de 3,2 millions de canards. L’interprofession réclamait une mesure plus drastique de lutte contre le virus afin de  pouvoir redonner de la visibilité aux professionnels. Les autorités sanitaires françaises pensent que la nouvelle phase d’abattages préventifs, estimée à 360 000 têtes supplémentaires, permettra une stabilisation de la zone et un rédémarrage des activités annoncé pour la fin mai.

Les conséquences sont extrêmement lourdes pour tous les acteurs de la filière, tant sur le plan psychologique que financier. Le CIFOG estimait les pertes immédiates à plus de
210 millions d’Euros auxquelles il faudra à présent ajouter ce nouveau dépeuplement.

Face à ce drame humain et économique, le CIFOG acte la mise en place des premières mesures de financement pour les producteurs dont l’exploitation a été dépeuplée et demande aux pouvoirs publics de mettre en œuvre des avances pour les couvoirs sinistrés de la zone et pour les producteurs dont les exploitations sont à l’arrêt du fait de leur localisation dans les zones réglementées.

D’autre part, le CIFOG alerte les pouvoirs publics sur les conséquences dramatiques inévitables pour les entreprises (abattoirs et ateliers de transformation) de ces départements, qui se trouvent à nouveau sinistrées et pour lesquelles le plan d’accompagnement du précédent épisode H5N1 n’est toujours pas en place.    

Sans ce soutien financier urgent et indispensable, de très nombreux éleveurs et entreprises de la filière déjà très fragilisés ne se relèveront pas de cette nouvelle crise et risquent la cessation d’activité entrainant faillites et licenciements. Les entreprises attendent en particulier avec impatience la mise en place des avances de trésorerie remboursable annoncées par les pouvoirs publics.  

D’autre part et afin d’assurer un redémarrage de la production dans des conditions sanitaires permettant de se prémunir au mieux des épizooties, le CIFOG a travaillé à l’établissement de règles toujours basées sur un élevage en plein air et tenant compte de tous les types d’élevages.

Ces règles s’articulent autour de 5 axes majeurs posant les bases d’un redémarrage de la filière dans le Sud-Ouest dès que le virus H5N8 sera maitrisé :

  • Mise en place d’un système d’alerte sanitaire s’appuyant sur un dépistage du statut des animaux avant tout mouvement (selon des modalités à préciser) et sur un dispositif obligatoire de déclaration de mise en place d’animaux dans tous les élevages pour pouvoir agir rapidement en cas de détection d’un cas d’Influenza.
  • Mise en place de nouvelles règles obligatoires de protection des élevages durant la période de migration des oiseaux sauvages entre le 15 novembre et le 15 janvier, si passage en risque élevé d’Influenza conformément aux recommandations Européennes : ce point ne remet en aucun cas en cause l’élevage en plein air, qui reste un des fondamentaux de la filière et répond aux attentes des consommateurs.
  • Application de durées de vides sanitaires obligatoires pour tous, pour chaque étape d’élevage et adaptées à chaque mode de production.
  • Sécurisation des étapes de transport en déterminant un protocole de nettoyage et de désinfection des cages et des camions soumis à l’audit et au contrôle des opérateurs par un organisme tiers indépendant.  
  • Professionnalisation de l’activité des intervenants extérieurs aux côtés des éleveurs dans les exploitations à travers la mise en place d’un guide des bonnes pratiques pour leurs interventions et du contrôle de sa bonne application par des organismes tiers.

Ces règles de production tenant compte de tous les modes de production doivent impérativement être mises en place par tous les acteurs de la filière afin de protéger au mieux la filière et pérenniser une production d’excellence qui dans son ensemble fait vivre 30 000 familles dans toutes les régions de France, contribue au maintien de 100 000 emplois directs et indirects et participe au rayonnement culturel et gastronomique de l’Hexagone dans le monde. Le CIFOG rappelle à ce titre qu’en tant qu’Interprofession, il représente tous les modes d’élevage sans aucune exception et qu’à ce titre, il défend collectivement les intérêts de tous les acteurs de la filière depuis les accouveurs jusqu’aux transformateurs et travaille particulièrement à la protection des principes fondamentaux de la production de Foie Gras, dont l’élevage en plein air.

Les professionnels tiennent également à rappeler, comme l'ont déjà confirmé à plusieurs reprises l'ANSES et le Ministère de l'Agriculture, que cette épizootie ne concerne que les animaux et n'est pas transmissible à l'Homme. La consommation de viande, de volaille et de Foie Gras ne présente aucun risque pour la santé du consommateur.